Extrait d’articles
Pour un journal naturaliste
2022
« Les ailes ouvertes, poudrées comme avec du fard à paupières azur – pour rappeler le ciel d’où il est né, safran – pour s’assurer qu’il sera vu, et doré – pour faire miroiter le soleil, il étire sa trompe jusque dans les pétales d’une aubépine fragile. « Clic », la prise est réussie : Dame Vanessa de l’ortie ira rejoindre mon album photo.
D’autres ailes se déploient, duveteuses et soyeuses. Elles jouent dans avec le vent qui en profite pour faire osciller les couleurs : blanc, rose, saumon. Une huppe se dresse, un cri s’échappe, et les yeux clignent – grandes billes noir ébène. « Grrriiiiinnnnn », la grille grince légèrement : Monsieur Cacatoès des Moluques passera cette nuit, et toutes les autres, dans sa cage.
Ici aussi, les couleurs sont éclatantes : rouge griotte, vert pomme, jaune citron. « Pic », une fourchette plonge dans cette salade de fruits en conserve : Mes amis les fruits, vous voilà entassés, sirupés et bien trop cuits.
Mettre le sauvage en boîte, voilà ce que se propose de faire l’homme. Pour donner le change, la boîte épouse d’autres formes et d’autres noms, quitte à se faire scientifique – zoologique, ou encore numérique et diffusable, voire pratique – conserve.
Pour un journal associatif
2018
« Plusieurs d’entre vous le savent, nous essayons de réduire nos déchets. Certains diront que c’est « l’effet mode » qui nous poussés à franchir le pas, mais c’était, avant tout, l’envie d’avoir un projet en famille à mener au quotidien. Cette nouvelle manière de vivre nous amène à réfléchir sur notre mode de consommation, d’alimentation et même d’éducation. Nous essayons de mener ce projet de manière réaliste et pragmatique : vous serez toujours les bienvenues chez nous même avec un paquet de gâteaux suremballés entre les mains !
En en parlant autour de moi, j’ai eu deux types de réaction de la part de mes amies : il y a eu celles qui m’ont offert des cadeaux « zéro déchet » (paillettes de savon de Marseille pour faire sa propre lessive, shampoing solide, bocaux, etc.) et d’autres qui étaient plutôt dubitatives. […] « De toute manière, mes voisins ont une plus grosse poubelle que la mienne… »
C’est cette phrase qui m’a amenée à me demander si j’avais tendance à me comparer aux autres. […] Est-ce que ce qui m’importe c’est de participer avec mes moyens à l’effort collectif pour respecter la nature ou est-ce que je cherche plutôt à me sentir confortable en me disant que d’autres font pire ? Ce projet m’a remis en question et même s’il est vrai que je n’atteindrai jamais le stade ultime de « zero déchet » ni dans la poubelle de ma cuisine et ni dans celle de ma vie de foi terrestre, je veux tourner mes yeux vers celui qui est 100% zero déchet et collaborer avec lui pour faire du ménage dans ma vie ! » […]
Pour un journal municipal, au sujet d’une association de parents d’élèves
2022
« Savez-vous conjuguer le verbe sourire ?
Alors que l’année scolaire s’achève, il est de coutume de jeter un dernier regard dans le rétroviseur.
Le premier souvenir qui vient en tête, presque automatiquement, c’est celui du sourire des élèves qui descendent du car après une sortie au zoo. Ce sourire, que l’on peut enfin apercevoir parce que les masques sont tombés il y a peu, c’est celui qui est à l’origine de l’engagement d’une dizaine de parents d’élèves dans l’association du Sou des Écoles. Grâce à leur envie tenace de participer à rendre le parcours scolaire des enfants stimulant et vivifiant, les membres de l’association récoltent tout au long de l’année des fonds pour permettre à l’équipe enseignante de proposer des activités qui attisent la curiosité et ouvrent l’esprit de nos enfants.
Ces sourires, nous les avons vus s’égrener tout au long de l’année et c’est d’eux que nous voulons nous souvenir une dernière fois avant d’entrer dans les vacances. Il y a les sourires édentés des élèves de primaire, les sourires forcés sur certaines photos, les sourires sur commande pour le spectacle de fin d’année, les sourires béats devant les belles choses de la nature … Il y a donc leurs sourires d’enfants, mais aussi ceux des enseignants et ceux des parents. Sourire, ça se conjugue et ça se transmet ; et l’école est un bel endroit pour apprendre cette leçon de vie. » […]