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Les tisseuses

[ Ce conte a été écrit dans le cadre collection artistique Nature Footprints dévoilée lors de la COP 28 !
Elle réunit les œuvres de plusieurs artistes de par le monde pour évoquer comment la question du climat influence les relations inter et intra communauté.
Climat, conflit et paix sont intimement liés. Répondre aux enjeux climatiques n’est pas seulement une nécessité économique ou logistique. C’est avant tout une façon de chercher à œuvrer pour la paix et la justice dans le monde.
Le livre est consultable en ligne : https://naturefootprints.org/storybook/
Il est possible de visiter la galerie à la BlueZone lors de la COP28 ou en ligne : https://naturefootprints.org/ ]


Les tisseuses

C’est l’heure où les ombres s’étirent et où les femmes s’assemblent sous le manguier. Tout en buvant leur thé à la menthe par petites gorgées, elles bavardent. Et nous, les enfants, on somnole sur leurs genoux, on joue dans la poussière et on écoute d’une oreille distraite leurs bavardages de mères. Parfois, je ferme les yeux et j’écoute simplement leurs voix se mélanger les unes aux autres, s’harmoniser, s’animer ou se taire.

Aujourd’hui, un autre timbre de voix s’est joint au doux murmure des conversations. C’est celui d’Habiba, la matrone. Elle n’est pas souvent là, sous le manguier, à l’heure où les ombres s’étirent. Elle a beaucoup de travail. C’est elle qui nous a tous mis au monde, nous les enfants. Elle sait comment nous sommes nés. Et les femmes savent qu’elle sait. Elle sait les cris, la douleur, l’eau qui coule, le sang et les rêves. Elle sait ce dont personne ne parle et même ce que personne ne sait.

Quand elle a le temps de venir sous le manguier, c’est comme une fête. Elle a l’art de tisser des histoires. Alors, on se pousse, on lui fait de la place sur la natte et on attend qu’elle raconte. Comme toujours, elle sort son crochet et son ouvrage de coton. Ses doigts s’agitent, dansent et tricotent le fil qui s’enroule joliment pour former une petite toile de dentelle multicolore. Aujourd’hui, Habiba se tait. Elle écoute les femmes, et dans le lointain, la radio qui crache les informations. Une école a été incendiée dans le nord du pays, des civils en armes se déplacent dans la région, de plus en plus de villages sont touchés par la famine. Les femmes commentent de leurs voix stridentes. Leurs poings sont fermés, leurs visages tendus.

— Moi, mon fils a dit qu’il les rejoindrait. Qu’il n’y a plus rien à faire ici, la terre n’est plus bonne, a dit une femme.

— Il prendrait les armes ?

— Moi, mon mari est parti depuis trois jours et je suis sans nouvelle, a ajouté une autre.

La radio continue de déverser son flot d’informations : les réfugiés, la chaleur, les pluies retardées…  

— Moi, je n’ai vendu aucun poisson. Ils sont trop chétifs, s’est plainte une autre femme.

— Moi, je vous dis que bientôt nous serons trop nombreux pour trouver à manger.

— Il faut juste qu’il pleuve.

— Mais pas trop, a dit une autre

Nous, les enfants, nous voyons bien que les femmes sont inquiètes. Alors nous aussi, nous avons peur. La peur, ça ne vient pas de nulle part. Ça nait dans les murmures des femmes sous le manguier. Ça nait dans les regards inquiets qu’elles échangent. Ça nait dans le sommeil haché de nos parents, la nuit.

Habiba a écouté les plaintes, les arguments, les pleurs. Elle ne dit rien. Elle continue de tisser sa dentelle. Le silence s’est fait parmi les femmes. Il n’y a plus que la radio qui déroule le fil sans fin de l’information. Alors, Habiba a commencé son histoire. Sans préambule, sans introduction. Notre rôle est d’écouter et d’essayer de tisser le fil de l’histoire dans le tissu de nos vies.

*

Aussi loin que porte le souvenir collectif de notre tribu, il y a toujours eu des araignées. Elles tissent, tricotent, cousent, et brodent avec une grande habileté. Cette histoire m’a été transmise par ma mère qui la tenait de sa mère. Elle s’est déroulée ici, sous notre manguier, mais pourrait très bien se passer partout dans le monde, car les araignées comme les hommes tissent des toiles depuis le commencement.

Chaque matin, la rosée déposait son collier de perles translucide le long des fils de la toile. Et chaque matin, les araignées noires, par de petites vibrations, faisaient glisser les gouttelettes sur les fils blancs, vers le centre de la toile. Et là, au milieu de cette maison de soie, se trouvait une goutte gigantesque que les tisseuses avaient jalousement amassée grâce à la rosée matinale. Ces petites araignées noires s’affairaient nuit et jour autour de ce trésor de fraîcheur. Une fois par jour, au plus chaud de la journée, elles avaient le droit, chacune à son tour, de venir siroter une petite portion de la grosse goutte. Elles jouaient dans leur maison de fils qui flottait doucement dans le vent chaud et leur monde noir et blanc se portait bien.

Le lendemain matin, le soleil s’était levé à l’heure habituelle. Le vent était chaud comme à l’accoutumée et la toile se balançait au même rythme que celui d’hier. Tout semblait en ordre dans ce monde de noir et de blanc. Et pourtant, quelque chose avait changé. Les fils soutenant la grosse goutte au milieu de la toile menaçaient de se rompre.

Une araignée se glissa aussi vite que possible pour tenter une réparation. Sa course rapide produisit des vibrations qui se propagèrent jusqu’aux extrémités de la toile. Elle se dépêchait d’atteindre la goutte quand son fil suspenseur se cassa et elle tomba à terre. Toutes les autres la regardèrent. De mémoire d’araignée, cela n’était jamais arrivé : le fil de soie soutient toujours l’araignée qui l’a produit. Certaines tisseuses se moquèrent, mais cela ne dura pas longtemps. Elles remarquèrent bien vite que le fil de soie sur lequel elles s’appuyaient était lui aussi fragilisé. La toile tanguait dangereusement dans le vent. La goutte vacillait. Finalement, à force de travail, un raccommodage permit de sauver le plus gros de la goutte. Un peu d’eau avait été perdue, mais la catastrophe avait été évitée.

 La nuit tombait, les tisseuses étaient éreintées par l’effort, mais chacune avait pu avoir sa ration d’eau et leur monde noir et blanc se portait presque bien.

*

Habiba marque une pause. Sous le manguier la chaleur est écrasante. Seule la radio s’entend encore : « La désertification, c’est le sujet de notre documentaire. Écoutez le témoignage de Maïmouna : “la terre meurt. Et si elle meurt, nous devons partir”. Cette migration entraine… » Les doigts d’Habiba travaillent à leur toile sans relâche. Elle reprend le fil de l’histoire.

*

Le lendemain matin, le soleil s’était levé à l’heure habituelle. Le vent était chaud comme à l’accoutumée et la toile se balançait au même rythme que celui d’hier. Les araignées inspectèrent délicatement leur raccommodage. À part quelques fils, il avait tenu. Elles remarquèrent cependant que d’autres endroits de la toile étaient fragilisés. Elles tentèrent quelques vibrations pour permettre aux perles de rosée déposées pendant la nuit de rejoindre la grosse goutte centrale. Deux fils porteurs cédèrent. Trois araignées et toute la rosée tombèrent à terre.

— Je vous avais bien dit de ne pas bouger, cria une araignée

— Et voilà, tout le travail d’hier est à recommencer, hurla une autre.

Pendant que certaines essayaient de réparer les dégâts, d’autres se battaient. Les vibrations des disputes rebondissaient sur la toile comme un écho sur les parois d’un puits. La toile tanguait de plus en plus. Les fils sautaient par endroit, comme sur un vieux pagne. La grosse goutte centrale se déplaçait dangereusement vers les bords.

— Moi, je vous dis que c’est à cause du soleil ! Ses rayons effilochent notre fil. Il n’y a rien à faire, s’égosillait une petite araignée.

— C’est la faute du vent. Vous avez vu sa force ces derniers jours ? dit une autre.

Les tisseuses ne s’écoutaient plus. Chacune faisait ce que bon lui semblait. Ici, on réparait ; là on s’enfuyait. Ici on argumentait ; là on essayait de voler ne serait-ce qu’une gouttelette d’eau pour ses propres besoins.

Tout n’était que chaos. Et le fil continuait de s’étiolait. Il devenait de plus en plus fin et cassant. Il était de moins en moins collant. Il ne retenait plus les mouches. Les mailles s’étaient tellement agrandies qu’un papillon aurait pu voler au travers sans se faire prendre. La nuit tombait, les tisseuses étaient à court de fil. Leur monde noir et blanc s’écroulait.

*

Nous écoutons l’histoire prendre corps. La voix d’Habiba se mêle toujours au flot de l’information : « Selon le politologue, difficile de faire dialoguer toutes les composantes de notre société. Chacun recherche son propre intérêt, les responsables politiques comme le simple citoyen. C’est dans ce contexte que… ».

*

Le lendemain matin, le soleil s’était levé à l’heure habituelle. Le vent était chaud comme à l’accoutumée. La toile n’était plus qu’un monceau de fils. Les araignées se levèrent et constatèrent qu’il n’y avait pas de rosée.

— Notre fil ne doit plus être assez collant pour la retenir, dit une araignée.

— Regardez, dit une autre, notre réserve d’eau a disparu.

C’est alors que se leva une grosse araignée toute noire. Elle parla de manière assurée.

— Nous avons tous constaté les dégâts que ces derniers jours nous ont apportés. J’ai vu les efforts que certaines ont fournis pour essayer de sauver notre toile. Cette toile est tout pour nous. Elle est notre maison, notre source de nourriture et d’eau. J’ai aussi vu que certaines ont essayé de s’emparer de l’eau ou de fuir. Il est évident que nous sommes trop nombreuses pour nos ressources en eau et en nourriture et que nous devons nous débarrasser des profiteuses. Vous savez que j’ai toujours pris mes responsabilités. Et c’est encore ce que je fais aujourd’hui : que celles qui ont vaillamment lutté pour notre bien commun, se joignent à moi et m’établissent reine. Je vous mènerai au combat et nous reconquerrons notre toile.

La reine se fit tresser une couronne de fils blancs qu’elle posa sur sa tête. Elle sortit ses griffes, qu’elle avait acérées. Ses mandibules s’ouvrirent. Comme des soldats en ordre de bataille, beaucoup la suivirent. Ce qui restait de la toile s’ébranla. Les tisseuses s’étaient faites soldats et en un rien de temps, elles utilisèrent leurs pattes de tisserands comme coupe-fil.

La reine était ravie. Elle était certaine de s’assurer la meilleure place sur la toile et d’avoir de l’eau, dès que la rosée daignerait réapparaître. Pendant que la bataille faisait rage, elle alla se reposer entre deux fils de soie. Mais bientôt, ceux-ci cédèrent et la reine se trouva suspendue entre ciel et terre.

Son cri porta au-dessus de la cacophonie générale. En un instant, le silence se fit et les combats cessèrent. La nuit menaçait de tomber. Les tisseuses avaient quasiment anéanti leur toile. Et pour la première fois, leur monde noir et blanc connaissait la soif.

*

Habiba crochète. Elle nous regarde de temps en temps. La radio continue sa propre histoire : « Les violences perpétrées dans la capitale se sont étendues en province. Le président a tenté de rassurer la population, mais le collectif d’opposition a appelé à durcir… ». Habiba nous enveloppe de son collier de mots.

*

Le lendemain matin, le soleil s’était levé à l’heure habituelle. Le vent était chaud comme à l’accoutumée. La toile n’était qu’un lambeau de fils. La rosée n’était pas venue habiller ce haillon de son collier de perles.

C’est alors que se leva une petite araignée toute grise. Elle avait une petite voix et parla avec de nombreux gestes et une multitude de chiffres.

— Mon fil à plomb est formel : il ne nous reste que deux jours avant que la toile ne s’effondre. Nous devons nous unir pour entreprendre les réparations nécessaires. Avec 5000 mètres de fil, nous aurons fait le plus gros. Vous connaissez ma remarquable capacité à mener des travaux. Je serai donc votre ingénieure. Que chacune produise son plus beau fil et au travail !

Chaque tisseuse se mit à l’ouvrage avec ardeur. La toile bougeait en tout sens. L’ingénieure était ravie. Ses ordres étaient suivis à la lettre. Elle était certaine d’obtenir une bonne récompense dès que tout serait rentré dans l’ordre.

Mais les travaux s’éternisaient. Le fil rompait sans cesse, s’effilochait, s’effrangeait et les tisseuses se fatiguaient. À la tombée de la nuit, tout était à recommencer. Les tisseuses exténuées regardèrent le soleil se coucher sur leur monde noir et blanc.

*

À la radio, nous entendons un ingénieur défendre un projet colossal : « Les études sont formelles. Nous devons engager des travaux pour tenter de sauver nos terres et nos récoltes. L’acheminement de 100 milliards de m3 d’eau permettrait au pays… » Habiba lui coupe la parole.

*

Le lendemain matin, tout était comme la veille : le soleil, le vent et les fils épars qui virevoltaient à tout va. Alors, au milieu des lamentations des tisseuses, une voix se fit entendre :

— Je n’ai pas parlé jusqu’à présent, mais je crois que le temps est venu, dit une petite araignée bleu-turquoise. Je suis une tisseuse comme chacune de vous. Je suis celle qui ai veillé sur vos œufs. Je sais comment vous êtes nés et comment vous donnez la vie.

Certaines disent que le problème c’est le soleil ou le vent. La reine dit que le problème c’est les autres. L’ingénieure dit que le problème c’est la toile. Le soleil, le vent, les autres, la toile, c’est trop facile. Soyez plus ambitieuses !

Elle parlait sans méchanceté, mais avec fermeté :

— Regardez le fil que vous produisez. Comment est-il ?

Un brouhaha suivit ces paroles. Chacune des tisseuses avait pris son fil blanc entre les pattes et l’observait.

— Oui, il est fin, trop fin. Il est malade. Mais le problème ce n’est pas le fil. Le fil, c’est juste un signe. Il vous indique qu’autre chose — autre chose de plus profond, de plus précieux — ne va pas. Il faut regarder au-dedans de nous-même. Je vais vous y conduire.

Alors, l’araignée bleue leur raconta comment elles étaient toutes nées. Elle leur parla du cocon de soie que les mamans tissent pour emballer et protéger leurs œufs. Elle leur dit la solidité de ce fil d’amour. Elle leur parla de liens. Elle leur dit que les cocons sont si solides que même les griffes d’un varan n’en viennent pas à bout.

— Savez-vous pourquoi le fil à soie des cocons est le plus résistant des fils ? Parce qu’il est filé par des mamans qui aiment, qui donnent, qui renoncent à elles pour leurs petits. Non, le problème ce n’est ni le soleil ni le vent. Ce n’est pas les autres, ni même la toile. Le problème c’est nous. C’est notre cœur. Il prend au lieu de donner, il met à l’écart au lieu d’aider, il veut être le premier au lieu de renoncer…

Les araignées se taisaient.

— Aimer, c’est difficile, oui. Mais c’est la seule manière de renforcer nos liens, nos fils. Chaque fois que nous sortons les griffes, que nous serrons les poings, que nous nous battons, nos fils s’étiolent. Il en est ainsi parce qu’ils sont filés dans l’étoffe de notre cœur.

Tout en parlant, elle avait offert à chaque tisseuse un bout du dernier repas qui lui restait.

— Mais, aimer, c’est aussi facile. Il suffit d’ouvrir la main, de dire une parole d’espoir, de proposer de l’aide…

Elle leur montra alors le fil qu’elle produisait : il était bleu, très épais et très solide. Avec son fil turquoise, elle entreprit de consolider la toile.

*

Habiba a terminé son ouvrage de dentelle. Bercées par la radio, nous attendons la suite : « Nous écoutons le témoignage de Mamadou : le mouton est très cher sur les marchés. Ceux qui vivent dans la précarité attendent que ceux qui ont pu avoir un mouton leur en donnent un morceau. Cette fête, c’est le partage, la communion ». De sa voix douce, Habiba nous ramène à nos tisseuses noires.

*

Les tisseuses étaient sonnées par ce qu’elles venaient d’entendre. Elles, le problème ?

Peu à peu, leurs poings se desserrèrent, leurs visages se détendirent. Une à une, très lentement, les araignées noires rejoignirent l’araignée bleue pour l’aider à reconstruire. À chaque fois qu’une araignée se détachait de la masse pour rejoindre la tisseuse turquoise, la toile vibrait : la décision de cette araignée se ressentait à la surface de leur monde. Les paroles d’encouragements de l’araignée bleue redonnaient de l’espoir. Peu à peu, les fils se coloraient, devenaient plus solides et la toile grandissait. Voyant les tisseuses broder dans la joie, la reine finit par rejoindre le groupe des travailleuses. Les mailles se tendaient toujours quand la nuit tomba. Les tisseuses étaient exténuées, mais leur monde se retricotait de mille couleurs.

Au fil des jours, l’entraide et la solidarité tissaient des liens entre les araignées. Elles n’étaient plus simplement des tisseuses, ou des soldats, ou des travailleurs de force. Elles se connaissaient et leur monde avait gagné en couleur. Leur toile était plus vaste, plus resserrée. On aurait dit une vraie broderie aux reflets chatoyants.

Le troisième matin de la réparation, la rosée vint déposer son cadeau de perles d’eau. Ensemble, les araignées se mirent en rond au bord de la toile et entamèrent leur danse vibratoire. La cacophonie avait fait place à l’harmonie. Les billes de rosée glissaient sur la toile et s’accumulèrent tranquillement au centre. Les rayons du soleil se mêlèrent à la danse et leurs reflets rebondissaient sur la grosse goutte formant un magnifique arc-en-ciel.

Les tisseuses s’émerveillèrent de ce que leur attachement réciproque avait produit : leur monde multicolore se portait bien.

*

Habiba nous regarde. Nous, nous sommes tous silencieux. Moi, je n’ai jamais vu de toile d’araignée multicolore avec une goutte d’eau. Comme je suis la plus petite sous le manguier, je peux dire ce que tout le monde pense.

— Habiba ?

— Oui

— Moi, je n’ai jamais vu de goutte d’eau au milieu d’une toile.

Habiba reste silencieuse un moment. Puis, elle se lève, tend le bras et pointe le doigt en direction de l’horizon.

— Et là, c’est quoi ? dit-elle gentiment.

— Là ? C’est notre Lac.

— Oui, c’est le Lac qui nous nourrit, nous protège, nous rassemble. C’est une belle grosse goutte d’eau dans une vaste et grande toile d’araignée.

Après ça, elle s’est levée et nous a laissées avec nos questions, nos poings fermés et nos visages tendus. On a regardé autour de nous et notre monde nous a paru étrangement noir et blanc.

Mais moi, je l’ai vu. J’ai vu un reflet bleu s’échapper des cheveux d’Habiba. Habiba, chez nous, ça veut dire celle qui aime.

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