Essais,  Éthique,  Spiritualité

La pollution et la mort de l’Homme, Francis Schaeffer, 2006

Mon point de vue 

À la fois philosophe et théologien, Francis Schaeffer, offre à son lecteur un point de vue chrétien sur l’écologie. Cet essai ne s’attache pas à établir ce que tout le monde sait déjà : l’état de notre planète et la responsabilité humaine. À l’instar de nombreux sociologues ou anthropologues reconnus, Schaeffer démontre, dès les premières pages de son essai, que notre rapport au monde, aux choses, aux autres êtres humains et à la nature est déterminé par la manière dont nous nous percevons. Les réponses aux questions : Qui sommes-nous et à quoi sommes-nous destinés ? influencent profondément la manière dont nous entrons en interaction avec notre environnement. In fine, ces questions et leurs réponses relèvent donc de la sphère du religieux.

Ce constat, beaucoup l’ont compris et s’appuient sur différentes spiritualités pour tenter d’encourager l’homme vers un comportement bienveillant vis-à-vis de la nature. Explorant les différentes idéologies spirituelles du moment qui favorisent l’essor d’un mouvement en faveur de la protection de notre environnement, Schaeffer en démontre les limites. Ni le panthéisme, qui fait de toutes choses une seule et même essence, ni le romantisme, qui consiste à humaniser la nature, ni même certains types de christianisme dominateur, ne parviendront à inverser la tendance.

Rappelant que sans absolu il n’est pas possible de fonder une éthique, Schaeffer s’appuie ensuite sur la Bible qui façonne sa pensée autour de l’idée d’un Dieu créateur. Le concept de l’homme, à la fois créature (tout comme la nature) et image de Dieu (à la différence de toutes les autres choses), est clé. Il permet de comprendre en quoi l’être humain est frère de la nature, lui devant respect au risque de se dénaturer lui-même ; mais aussi qu’il a été placé dans un rôle d’administrateur ou de gestionnaire de son environnement. Cette double identité met à mal l’idée d’un rapport supérieur/inférieur entre l’homme et la nature.

Les chrétiens, à l’inverse de ce que la Bible enseigne, ont trop souvent séparé le matériel du spirituel, s’autorisant à un mépris certain en pensées sinon en actes pour leur environnement. Schaeffer appelle de ses vœux une Église qui, consciente de son identité et du renouveau possible par l’œuvre de Christ, travaillerait concrètement à la restauration des différentes aliénations provoquées par la chute et notamment de son lien à la nature.

Tout en remettant le lecteur en question quant aux croyances qui sous-tendent ses actions, Schaeffer livre une magnifique vision de ce qu’est le lien entre l’homme et son créateur, entre l’homme et son environnement de la Genèse jusque dans l’éternité. À lire absolument !

Les chrétiens ont manqué de retenue vis-à-vis de la nature. Non pas parce que le christianisme n’a pas de réponse à la question de l’environnement, mais plutôt parce que, possédant la réponse, ils n’en ont pas tenu compte dans leurs actes

page 57

Références

La pollution et la mort de l’homme – Un point de vue chrétien sur l’écologie
Francis Schaeffer
2006
Traduit de l’anglais
Titre original : pollution and the death of man : the christian view of ecology
Edition Française : BLF – 2015

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